Accueil ArticlesPAUL BIYA, UN NIEME «COURT SEJOUR PRIVE» QUI FAIT DEBAT

PAUL BIYA, UN NIEME «COURT SEJOUR PRIVE» QUI FAIT DEBAT

par Jean-Marc Adou

Plus de cinquante jours. C’est le cap historique d’absence que vient de franchir le président Paul Biya. Parti le 7 juin pour un court séjour privé en Europe , le chef de l’État, âgé de 93 ans, reste invisible.

À Yaoundé, c’est l’inquiétude face au mutisme d’un gouvernement adepte des communiqués laconiques. Dans les rues et sur Internet, une question obsède les esprits : où est donc passé le président ?

Selon une publication récente de Jeune Afrique, Paul Biya séjournerait à Genève pour des soins médicaux confidentiels. Le Cabinet civil, par la voix de son directeur, Samuel Mvondo Ayolo, dément fermement toute hospitalisation en indiquant que le président se porte parfaitement bien.

Sur sa page Facebook, Grégoire Owona, le Ministre du travail et SG adjoint du RDPC va encore plus loin en indiquant que Paul Biya à légalement droit à 80 jours de congés annuel.

Pourtant, aucun message vidéo, aucune image récente ne vient rassurer une population en quête de transparence.

L’activité de la présidence se résume désormais à de simples télégrammes et signatures de décrets à distance.

Pour l’opposition, la pilule ne passe plus : elle dénonce un « pilotage automatique » intenable de l’État. Des voix, comme celle du député Jean-Michel Nintcheu, demandent depuis quelques jours au Conseil constitutionnel de déclarer la vacance du pouvoir.

Pour Cabral Libii, député et président du parti d’opposition PCRN, « Cette situation révèle une question de fond : le vide juridique au sujet du plafonnement de la durée du séjour du Président de la République hors des frontières nationales. Vide qui d’une part, enveloppe de légalité toute absence illimitée du Chef de l’Etat, et d’autre part, n’oblige pas le Gouvernement à justifier cette absence. »

La tension est d’autant plus vive que la toute récente révision constitutionnelle d’avril 2026 a créé un poste de vice-président. Un poste stratégique censé assurer l’intérim… mais qui n’a toujours pas trouvé de titulaire désigné à ce jour.

En coulisses, l’ombre du Secrétaire général Ferdinand Ngoh Ngoh plane sur la gestion des affaires courantes du pays. Le RDPC au pouvoir insiste : « Le président travaille » et garde une liaison permanente avec le pays meme s’il est à l’étranger.

Mais au Cameroun, ce nième long silence alimente une guerre des rumeurs que le pouvoir a du mal à contrôler. Entre mystère médical et blocage institutionnel, le destin politique du Cameroun semble s’écrire bien loin de ses frontières camerounaises.