Partie 3 – résilience, espoir et message aux femmes qui souffrent en silence
Trois tentatives de fécondation in vitro, une grossesse interrompue, des années de souffrance et près de 11 millions de francs CFA dépensés. Après un long combat contre l’infertilité provoquée par une erreur médicale, Juliette Andeng tente aujourd’hui de se reconstruire. Entre douleur intime, pression sociale et quête de sens, la jeune femme décide désormais de transformer son histoire en message d’espoir pour d’autres femmes.
En 2026, Juliette regarde le chemin parcouru avec lucidité. Après trois tentatives de fécondation in vitro, deux échecs et une grossesse qui s’est terminée par une fausse couche, le rêve de maternité reste suspendu.
« Aujourd’hui, je ne suis pas prête à recommencer une FIV au Cameroun », confie-t-elle.
La jeune femme explique avoir eu besoin de plusieurs mois pour faire le deuil de cette dernière grossesse. Pendant six à sept mois, elle traverse une période particulièrement sombre.
Elle se replie sur elle-même, cesse de sortir et prend de moins en moins soin d’elle. Devant les autres, elle affiche un visage courageux, mais seule, la douleur est immense.
« Devant les gens, je jouais la forte, mais seule je mourais en silence », raconte-t-elle.
À certains moments, la détresse est si profonde que l’idée du suicide lui traverse l’esprit.
Mais Juliette finit par trouver une force intérieure pour continuer.
La foi et l’espoir comme refuge
Pour traverser cette épreuve, Juliette s’appuie sur sa foi et sur sa volonté de rester debout.
Chrétienne pratiquante, elle continue de prier et garde l’espoir qu’un miracle puisse encore se produire un jour. Pour elle, la maternité peut prendre plusieurs formes.
« L’adoption est un miracle. La FIV est un miracle. Une conception naturelle est un miracle », explique-t-elle.
Elle rappelle aussi que la société comprend rarement ce que vivent les femmes confrontées à l’infertilité. Beaucoup subissent des remarques blessantes ou des questions intrusives.
Combien de fois lui a-t-on demandé : « Tu attends quoi pour accoucher ? »
Une question banale pour certains, mais qui peut devenir une véritable épreuve pour celles qui souffrent en silence.
Briser le tabou de l’infertilité
C’est précisément pour cette raison que Juliette a décidé de raconter son histoire publiquement, notamment sur les réseaux sociaux.
Pour elle, prendre la parole est une forme de thérapie, mais aussi un moyen de sensibiliser l’opinion.
L’infertilité reste souvent entourée de honte, de moqueries ou de jugements. Beaucoup pensent encore qu’une femme sans enfant est forcément responsable de sa situation.
Juliette rappelle pourtant que les causes de l’infertilité sont nombreuses : endométriose, syndrome des ovaires polykystiques, ménopause précoce, troubles de la fertilité masculine, infections ou complications médicales.
« L’avortement n’est pas la seule cause d’infertilité », insiste-t-elle.
Elle regrette que certaines personnes préfèrent juger plutôt que comprendre.
Reprendre le contrôle de sa vie
Aujourd’hui, Juliette a décidé de ne plus laisser l’infertilité définir toute son existence.
Elle choisit de se concentrer sur d’autres aspects de sa vie : son développement personnel, ses projets et sa contribution à la société.
Son histoire est aussi devenue un avertissement sur les risques liés à certaines pratiques médicales et sur l’importance de s’informer avant toute intervention chirurgicale.
Mais surtout, elle souhaite adresser un message clair aux femmes confrontées à la même situation.
« L’infertilité ne me diminue pas. Ma féminité reste intacte », affirme-t-elle.
Pour elle, une femme ne se résume pas à sa capacité à avoir des enfants.
Et à celles qui vivent la même épreuve, Juliette lance un appel :
« Cessez d’avoir honte. Vous n’avez pas choisi cela. La vie ne se limite pas à l’infertilité. »
