Partie 1 – Une opération qui a fait basculer sa vie
À seulement 19 ans, Juliette Andeng pensait subir une simple intervention pour traiter un problème gynécologique. Mais ce qui devait être une opération de routine s’est transformé en un long cauchemar médical. Entre douleurs extrêmes, complications graves et révélations tardives, son histoire raconte les conséquences dramatiques d’une erreur médicale et le début d’un combat qui marquera toute sa vie.
Tout commence à la fin du mois de janvier 2018. Juliette Andeng, alors âgée de 19 ans, se réveille un matin avec de fortes douleurs au bas-ventre. Depuis plusieurs jours, la douleur persiste. Inquiète, elle décide de consulter le gynécologue qui la suit depuis près de cinq ans.
Une douleur soudaine qui mène au bloc opératoire
Après une échographie endovaginale et plusieurs examens sanguins, le verdict tombe : le médecin évoque des kystes ovariens susceptibles d’éclater et parle également d’une possible grossesse extra-utérine. Pour lui, la situation est urgente.
Le discours du praticien inquiète immédiatement la famille. Le médecin insiste : il faut opérer rapidement, faute de quoi la jeune fille pourrait perdre la vie. À 19 ans, encore élève, Juliette ne comprend pas vraiment les enjeux médicaux de ce diagnostic. Son petit ami de l’époque, gendarme, est lui aussi sous le choc.
Face à la pression et à la peur, la famille accepte l’intervention.
Le 1er février 2018, Juliette entre pour la première fois de sa vie au bloc opératoire.
Une opération qui tourne mal
La jeune femme se souvient encore du moment où tout bascule.
Allongée sur la table d’opération, elle reçoit de multiples injections dans l’abdomen pour l’anesthésie. Mais quelque chose ne se passe pas comme prévu. Juliette raconte avoir été consciente alors que l’intervention avait déjà commencé.
« On m’a piquée plusieurs fois au ventre et on a ouvert mon abdomen alors que j’avais encore les yeux ouverts », confie-t-elle.
Dans un moment de confusion, elle aurait tenté de descendre de la table d’opération. Le chirurgien, surpris, aurait même demandé à son compagnon si elle consommait de l’alcool ou des stupéfiants — ce que ce dernier conteste immédiatement.
Lorsque l’opération se termine, l’état de Juliette est préoccupant. Son ventre est extrêmement gonflé et elle souffre de fortes difficultés respiratoires.
Le soir même, face aux douleurs persistantes, le médecin demande qu’elle passe de nouveaux examens : une radiographie et une échographie.
Mais au lieu d’expliquer la situation, le praticien annonce simplement qu’une seconde intervention est nécessaire.
Une deuxième opération et des complications inquiétantes
Le lendemain matin, le 2 février 2018, Juliette est opérée une deuxième fois.
À son réveil, son abdomen porte plusieurs incisions : des trous sur les côtés et une large plaie au milieu du ventre. Au niveau du nombril, une ouverture laisse s’écouler un liquide nauséabond.
La famille ne reçoit toujours aucune explication claire.
Les jours passent et l’état de Juliette se détériore. En une semaine, elle perd près de dix kilos. Son corps s’affaiblit considérablement.
Elle ne peut plus s’alimenter normalement. Les médecins interdisent toute nourriture solide. Son organisme ne fonctionne plus comme avant : digestion bloquée, douleurs constantes, fatigue extrême.
Personne ne lui dit ce qui se passe réellement.
La révélation d’une erreur médicale
C’est finalement son petit ami qui remarque un phénomène alarmant. En la nourrissant, il constate que ce qu’elle mange ressort directement par ses plaies.
Le diagnostic devient évident : l’intestin de Juliette est perforé.
Sous la pression et la peur, certains membres de l’équipe médicale finissent par admettre la vérité : lors de l’intervention, le chirurgien — propriétaire de la clinique — aurait accidentellement perforé son intestin.
Pendant ce temps, le médecin envisage une troisième opération pour réparer les dégâts.
Mais Juliette refuse.
Traumatisée par les deux premières interventions et désormais méfiante, elle ne veut plus être opérée par celui qui l’a mise dans cet état. Elle demande à être prise en charge par un spécialiste.
Son état continue pourtant de se dégrader. Un matin, elle se réveille avec de violentes douleurs abdominales et de grandes difficultés à respirer.
Cette fois, sa mère prend une décision radicale : la transférer d’urgence vers l’hôpital central de Yaoundé.
Dans la deuxième partie de cette série, nous raconterons comment Juliette est finalement prise en charge à l’hôpital central, où les médecins découvrent l’ampleur des dégâts laissés par les premières interventions.
