Partie 2 – du diagnostic d’infertilité aux épreuves de la FIV
Après plusieurs opérations lourdes consécutives à une erreur médicale, Juliette pensait avoir survécu au pire. Mais quelques mois plus tard, un nouveau diagnostic bouleverse sa vie : ses chances de concevoir un enfant sont désormais fortement compromises. Entre humiliation sociale, ruptures amoureuses et tentatives de fécondation in vitro, la jeune femme entame un combat douloureux contre l’infertilité.
Six mois après sa troisième opération, Juliette passe un examen déterminant : une hystérosalpingographie, un test permettant d’examiner l’état des trompes de Fallope.
Le résultat est sans appel. Les médecins diagnostiquent chez elle une hydrosalpinx bilatérale, une affection caractérisée par l’obstruction des trompes, souvent causée par des infections ou des complications chirurgicales. Dans son cas, les médecins expliquent que cette pathologie est liée aux opérations précédentes et aux importantes infections provoquées par la perforation intestinale.
Pour Juliette, qui n’a alors que 19 ans, la nouvelle est difficile à intégrer. Elle n’envisage pas encore la maternité à cet âge, mais comprend immédiatement les conséquences possibles : concevoir un enfant pourrait devenir extrêmement compliqué.
Malgré tout, elle s’accroche à l’espoir. Peut-être qu’avec le temps, ses trompes pourraient se déboucher. Peut-être qu’un traitement ou une solution médicale apparaîtra avant le moment où elle voudra réellement devenir mère.
L’infertilité, une blessure intime et sociale
Les années passent, mais la réalité finit par la rattraper. L’infertilité n’est pas seulement un problème médical : elle devient aussi une épreuve psychologique et sociale.
En 2020, son compagnon de l’époque la quitte. La rupture est d’autant plus douloureuse qu’il révèle à d’autres les problèmes de fertilité de Juliette, exposant une part très intime de sa vie.
Peu de temps après, une autre femme utilise cette information pour l’humilier publiquement. Pendant longtemps, Juliette subit des insultes et des provocations centrées sur son incapacité supposée à avoir des enfants.
Le mot « stérile » devient une arme dirigée contre elle.
« Chaque fois qu’elle me rappelait que j’étais stérile, c’était comme faire mon deuil encore une fois », confie Juliette.
Cette période fragilise profondément sa confiance en elle. Elle réalise à quel point, dans de nombreuses sociétés, la maternité reste perçue comme un élément central de l’identité féminine.
Trouver un partenaire prêt à se battre
Au fil du temps, Juliette fait plusieurs rencontres amoureuses. Mais à chaque fois, le même scénario semble se répéter : lorsque la question des enfants se pose, les relations s’effritent.
Consciente de cette réalité, elle adopte une nouvelle stratégie : parler de sa situation dès le début.
« Quand un homme me disait vouloir une relation sérieuse, je lui expliquais directement mes problèmes de fertilité », raconte-t-elle.
La plupart promettent de l’accompagner dans ce combat. Mais souvent, après quelques mois, l’enthousiasme s’estompe et les relations prennent fin.
Jusqu’au jour où elle rencontre un homme qui partage le même désir d’enfant et accepte de tenter l’aventure avec elle.
Ensemble, ils décident d’avoir recours à la fécondation in vitro (FIV).
Les espoirs et les échecs de la FIV
En septembre 2024, Juliette entame sa première tentative de FIV.
L’espoir est immense. Pour elle, cette technique représente peut-être la dernière chance de devenir mère. Mais la tentative échoue rapidement : lors de la ponction ovarienne, aucun follicule n’arrive à maturité.
La déception est immense. D’autant que la procédure a coûté plus de deux millions de francs CFA.
Quelques mois plus tard, en décembre 2024, le couple tente une deuxième FIV. Cette fois, huit embryons sont obtenus et deux sont transférés dans l’utérus de Juliette.
Pour maximiser les chances de réussite, elle prend un arrêt de travail de deux semaines afin de se reposer et favoriser l’implantation.
Mais huit jours après le transfert, des saignements apparaissent. Le test de grossesse confirme la mauvaise nouvelle : la tentative a échoué.
Pour Juliette, c’est un nouveau choc. La dépression s’installe.
Une dernière chance… et une nouvelle perte
Malgré tout, il reste encore des embryons congelés. Sur les six embryons restants, cinq ne survivent pas à la conservation.
Un seul embryon reste viable.
Après plusieurs mois d’attente, un troisième transfert est réalisé au printemps 2025. Cette fois, l’embryon s’implante et le test de grossesse est positif.
L’espoir renaît enfin.
Mais quelques jours après sa sortie de l’hôpital, la grossesse s’interrompt brutalement. Le 1er mai, Juliette fait une fausse couche.
« J’ai eu l’impression que Dieu m’avait tourné le dos », confie-t-elle.
Après plusieurs années de lutte et près de 11 millions de francs CFA dépensés dans les traitements, la jeune femme doit affronter une nouvelle désillusion.
Dans la troisième et dernière partie de cette série, Juliette raconte comment elle tente aujourd’hui de reconstruire sa vie, entre résilience, spiritualité et espoir de maternité.
